Après le cancer, la dépression ?

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De nombreuses études, comme celle publiée par la revue The Lancet, se sont interrogées à juste titre sur l’interaction entre des troubles dépressifs et l’évolution d’une tumeur, type cancer du poumon.

 

Mais plus curieusement, une dépression peut aussi apparaître après la prise en charge de patients atteints, quand tout semble guéri et fini. Pourquoi une telle dépression après la fin des traitements ? Etre dépressif est une maladie qui nécessite un fort soutien et un accompagnement.

Comment trouver alors le soutien psychologique adéquat ?

Pourquoi dépression peut rimer avec dépression ?

Un constat sans appel

Selon l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif, 10 à 30 % des femmes ayant eu un cancer du sein subiraient un syndrome dépressif dans l’année suivant l’arrêt du traitement. Et des chiffres équivalents se retrouvent chez tous les anciens malades atteints de cancer.

Loin d’être marginal, cet état de déprime est donc très fréquent, voire quasiment normal. Il semble pourtant en apparence totalement paradoxal.

Pourquoi tant de tristesse dans un moment heureux ?

Moments heureux et déprimes ne sont pas incompatibles, pour preuve le baby-blues. Le mécanisme est d’ailleurs à peu près similaire : consacrer toute son énergie durant quelques mois à objectif unique, la vie ; et faire ensuite le deuil de ce moment littéralement extra-ordinaire.

Même si les deux sont incomparables, les malades atteints du cancer sont ainsi chouchoutés comme une femme enceinte. Les équipes médicales sont attentionnées, la famille est habituellement bienveillante et les proches soucieux. C’est d’autant plus vrai que le malade se met souvent en position de soumission, laissant les oncologues agir, leur faisant confiance : à eux de décider, à eux de lutter, à vous d’accepter.

Et soudain, du jour au lendemain, tout s’arrête. C’est une rupture, avec même un diktat de bonheur puisqu’on est réputé guéri.

Mais tout n’est pas si simple.

Il y a d’abord un contrecoup : après l’action, la réaction, cette forme de sidération qu’on a souvent après avoir eu une grosse frayeur.

Il y a aussi forcément un doute, en s’interrogeant sur les risques de rechutes ou de complications.

Il y a enfin une peur : avoir le cancer transforme profondément, avec bien souvent une nouvelle vision de la vie. L’ancien malade sait intimement que demain ne sera jamais comme hier. Il espère son monde d’après meilleur, mais il ne le connait pas. Et tous lendemains inconnus génèrent forcément et naturellement une humeur dépressive et des angoisses.

Fatigues physique et morale peuvent ainsi se combiner pour amener vers des symptômes plus ou moins marqués, de la simple mélancolie aux vrais symptômes dépressifs.

Comment reconnaître un blues post-cancer ?

Dépression ou fatigue normale ?

Après un cancer, l’organisme a besoin de se reconstruire, physiquement et psychiquement. C’est donc une épreuve fatigante, d’autant plus que le traitement peut avoir aussi des effets secondaires sur la durée.

Il est donc parfois difficile de faire la différence entre cette fatigue naturelle, bienvenue, et un blues d’après-cancer, parfois délétère.

C’est pourquoi le regard d’un professionnel peut être intéressant : l’expérience d’une association peut déjà facilement orienter le patient inquiet.

Quand s’inquiéter ?

Trois grands symptômes dits « en hypo » doivent interpeller.

• Je suis triste

Cet état peut aller de la simple déprime, aux idées noires. C’est une situation qui s’installe dans le temps et va soudain en s’aggravant.

• Je n’ai envie de rien

C’est comme si tout d’un coup il n’existait plus aucun petit plaisir à la vie, que ce soit des activités physiques, le sexe, la nourriture, les rencontres entre amis ou en famille…

La perte d’appétit peut même s’accompagner d’une perte de poids.

• Je dors mal

Les troubles du sommeil sont très fréquents, associées parfois à une fatigue intense ou à des cauchemars.

Certes, tous ces signes ne sont pas spécifiques. Mais si ces signes surviennent, il est conseillé d’en parler à une personne « neutre », pour avoir son avis et son ressenti. Certaines associations telles que la ligue contre le cancer peuvent également vous aider dans ces étapes d'épisodes dépressifs.

Quel soutien psychologique après un cancer ?

Ne pas culpabiliser

Entendre dire en permanence « Quelle chance que tu sois guéri(e) ! » et se sentir profondement triste au fond de soi, entraîne forcément un cercle vicieux, d’auto-culpabilisation et d’isolement.

Or se renfermer accroît souvent la dépression, avec des idées de plus en plus noires. Les craintes liées aux rechutes sont d’autant plus présentes que des bilans de contrôles réguliers sur la maladie servent en quelque sorte de piqûres de rappel.

Comment faire alors pour briser ce cercle vicieux ?

Se servir des troubles dépressifs pour avancer

En réalité, cette phase de blues peut être utile pour prendre du recul et envisager le nouveau qui vous attend.

C’est réellement une phase de transition, et donc de flottement.

C’est un marqueur visible que les choses doivent changer.

Et elles vont changer !

Une aide extérieure pour des soins de support

Pour cela, le soutien extérieur est souvent nécessaire et primordial.

En vous transformant, le cancer fait de vous une nouvelle personne, avec de nouvelles attentes, un nouveau point de vue sur la vie.

Ni vos proches ni votre famille ne connaissent encore ce nouveau vous. Ni même vous !

Une association de professionnels vous aide donc à découvrir ce nouveau moi, à vous accompagner dans ce nouveau chemin.

L’art, la parole, les groupes de discussion peuvent être autant de moyens pour faire émerger ce qui se cache en vous.

 

Pour lutter contre la dépression post-cancer et la dépression chronique, un regard neutre et professionnel vous aidera ainsi toujours à appréhender au mieux cette citation de Confucius : « On a deux vies. Et la deuxième commence quand on se rend compte qu'on n'en a qu'une. »

Après le cancer, la dépression ?